Psychologique

Le stress : ce mal qui vous veut du bien

Le stress est une réaction utile favorisant un acte précis vis à vis d'une situation afin :

  • de la maîtriser
  • de s'y adapter
  • ou d'y échapper

Ainsi l'émotivité, par le biais du cortex cérébral, véhicule un certain nombre d'ajustements cardio vasculaires dont le rôle est de faire face aux exigences de situations inhabituelles.

On constate par exemple une augmentation sensible de la fréquence cardiaque par anticipation avant le départ chez les sprinters. Cette augmentation serait même calibrée en fonction de la durée de l'épreuve, et ceci d'autant plus que le sujet est entraîné. Il est possible d'interpréter ces ajustements comme une réaction intelligente et inconsciente de l'individu afin de lutter contre l'inertie de fonctionnement des systèmes producteurs d'énergie. Les réserves de l'organisme seraient de cette façon plus rapidement mobilisées.

De même, le stress va élever le niveau de vigilance du sportif. Cela va lui permettre d'avoir un seuil d'excitabilité neuro-musculaire plus faible, et donc d'être plus "réactif". Le métabolisme de base sera dans ces conditions plus important et donc plus consommateur d'énergie. On comprend que le stress sera utile dans la courte période qui précède l'effort mais plus nuisible sur le long terme.

Il est cependant très difficile de déterminer quelle est la bonne dose de stress, tant ce phénomène est soumis à la diversité et à la complexité des individus et des situations. Chacun doit donc apprendre à se connaître dans ce domaine pour essayer de définir son seuil optimal, celui qui permet de se transcender. Ceci sera particulièrement profitable à ceux qui se reconnaîtront dans l'un des deux extrêmes. D'un côté celui qui n'est pas suffisamment mobilisé dans l'action, de l'autre celui qui a tendance à perdre une partie de ses moyens.

Si vous voulez en savoir plus et découvrir quelques techniques destinées à contrôler le stress :

Le stress, Jean Louis DUBIER et Isabelle INCHAUSPE Editions du Milan

Je suis bon, je suis mauvais : un peu de psychologie

En sport plus qu'ailleurs, les individus développent et cultivent ce que les psychologues appellent une estime de soi. Celle-ci est peut être négative, positive voire très positive.

Lorsque cette estime de soi est négative, le sportif se déclare incompétent et son attitude tend à alimenter l'image qu'il veut renvoyer. Dans le cas d'un ego surdimensionné le sujet se considère très compétent. Il lui faut donc, en cas d'échec, trouver des causes extrinsèques qui n'ébranlent pas des certitudes qui sont parfois affichées ostensiblement.

Ces stratégies nous les connaissons bien : c'est celui qui avait mal à la jambe, qui ne trouvait pas ses marques, qui n'avait pas eu le temps de s'échauffer, celui qui se plaint de ses partenaires, des conditions extérieures, bref celui qui est toujours en mesure de justifier une mauvaise performance sans se remettre personnellement en question. Jean-Pierre Famose parle de "stratégie de la jambe de bois" pour qualifier cette démarche. En tant qu'entraîneur, notre souci est donc de savoir quelle attitude adopter face à ces comportements. Dans son livre "apprentissage moteur et difficulté de la tâche" ce même auteur insiste sur la notion de but de résultat et but d'apprentissage. Le premier serait davantage centré sur la hiérarchisation et la comparaison avec autrui alors que le second serait plutôt centré lui-même. Ceci serait particulièrement sensible à partir de la puberté.

Dès lors, le travail de l'entraîneur consisterait plutôt à proposer à l'athlète des buts réalistes, conformes aux possibilités du moment, tout en dissociant but à court terme et but à long terme. Il semble également très formateur d'amener les individus à analyser sereinement leurs réussites comme leurs échecs.

À méditer!

Pour en savoir plus

  • JP. FAMOSE "Apprentissage moteur et difficulté de la tâche" INSEP 1990
  • M. DURAND "L'enfant et le sport" PUF 1987

Selon la théorie de l'entraînement à la prise de décision (ED), la diminution du feed-back de l'entraîneur est un outil qui favorise l'apprentissage des athlètes.

De façon naturelle, les entraîneurs ont tendance à donner beaucoup de feed-back durant les séances d'entraînement. Toutefois, plusieurs études qui portent sur l'apprentissage arrivent à la conclusion que trop de feed-back donnés par une autre personne peut nuire à l'apprentissage du processus d'ajustement que l'athlète a besoin de faire lui-même pour performer en situation réelle de compétition. Force est de constater que trop de feed-back peut développer une dépendance de l'athlète face à l'intervention de son entraîneur. Cette dépendance ne pourra être comblée en compétition et provoque des contre-performances ainsi que des déceptions de part et d'autres. L'outil du "feed-back donné lors de performances hors-limite" conseille donc de donner moins de feed-back aux athlètes durant leurs apprentissages à l'entraînement. La stratégie consiste à identifier une zone optimale de réussite. Lorsque l'athlète présente un niveau de performance autour de cette zone, l'entraîneur ne donne pas de feed-back. Si l'athlète dépasse de manière signifiante le niveau désiré, soit par une performance nettement supérieure ou inférieure, l'entraîneur peut donner un feed-back. Le feed-back a aussi avantage à être différé, sous forme de résumé, après quelques essais (33 % des essais et moins). Il est également suggéré d'agrandir la zone où le feed-back n'est pas donnée au fur et à mesure que le niveau des athlètes progresse : Plus les athlètes sont experts, moins l'entraîneur a besoin de donner de feed-back. L'utilisation de cet outil nécessite un changement d'intervention de la part de l'entraîneur, il parle moins et observe davantage avant de réagir.

Quelques précautions sont à prendre pour utiliser avec succès le "feed-back donné lors de performances hors-limite". Tout d'abord, certains athlètes peuvent se sentir délaissés par un entraîneur qui leur parle moins. Ils éprouvent des difficultés d'adaptation durant les premières séances d'entraînement. Ils cherchent l'assentiment de leur entraîneur à la suite de leurs essais. Il devient donc important d'expliquer brièvement le bien fondé de ce changement d'intervention. Lorsque cela s'applique, les parents et les administrateurs de clubs ont aussi besoin de se faire rassurer sur la nouvelle façon de faire.

Le complément idéal à cette stratégie est le "questionnement" des athlètes pour leur faire identifier les solutions qui leur sont disponibles pour résoudre les problèmes que posent les exigences réelles de la compétition. Le questionnement des athlètes doit s'orienter sur l'identification des repères de l'environnement qui les aident à prendre des décisions dans l'action. Qu'ils soient visuels, auditifs ou kinesthésiques ces repères ont besoin d'être concrets et nommés par l'athlète et l'entraîneur.

Précisons que les entraîneurs qui tentent d'utiliser le "feed-back donné lors de performances hors-limite" et le "questionnement" sortent eux aussi de leurs zones de confort habituel et passent par une courte étape de confusion quant à l'efficacité immédiate de leur intervention. Par contre, une fois établies, avec un peu de patience, ils sont à même de constater les résultats positifs en compétition.

Outre le "feed-back donné lors de performances hors-limite" et le "questionnement", l'ED propose cinq autres outils d'intérêts pour l'entraîneur qui désire améliorer le niveau de transfert des apprentissages des séances d'entraînement vers la compétition. La pratique variée, la pratique aléatoire, le feed-back vidéo, l'information complexe dès le début et le modeling sont des outils à découvrir et à expérimenter en utilisant les trois étapes décrites dans le livret de Joan Vickers "L'entraînement à la prise de décision" traduit par Jean-Pierre Brunelle et Janie Tramblay.

Jean-Pierre Brunelle, Ph.D Professeur Titulaire, Faculté d'éducation physique et sportive, Université de Sherbrooke, Canada.

Les athlètes ayant un trait de confiance sportive élevé utilisent davantage l'imagerie que ceux ayant un trait bas.

Le but de cette recherche était d'examiner les différences quant au contenu et à la sorte d'imagerie d'athlètes de niveau universitaire en athlétisme ayant différents niveaux de trait de confiance sportive.

Des recherches antérieures ayant déjà montré un lien positif entre l'imagerie et la confiance sportive, les recherches subséquentes ont poursuivi en explorant plus spécifiquement le contenu de l'imagerie et l'état de confiance sportive. L'analyse du contenu de l'imagerie propose plusieurs catégories, qui servent aussi de bases pour le test SIQ (Sport Imagery Questionnaire). Ces catégories sont : - MGM : l'imagerie de motivation générale de maîtrise, reliée à la résistance mentale, le focus et la confiance en soi - MGA : l'imagerie de motivation générale d'activation, reliée à l'activation, l'anxiété et le stress - MS : l'imagerie de motivation spécifique, reliée à l'application des émotions et d'aspects mentaux aux situations spécifiques - CG : l'imagerie cognitive générale, reliée aux concepts de jeux et stratégies - CS : l'imagerie cognitive spécifique reliée aux techniques et détails de la tâche.

Dès 1996, un lien entre l'état de confiance et l'imagerie de motivation chez les patineurs à roues alignées aux Championnats Nord Américain Junior était établi, les athlètes ayant des états de confiance sportive élevés utilisaient davantage de MGM et de MGA que ceux ayant des états bas. Selon Martin et coll. (1999), la relation entre les différents types d'imagerie et les réponses comportementales, affectives et cognitives est influencée par le degré d'efficacité dans l'imagerie visuelle et kinesthésique et les résultats de leur recherche vont dans ce sens puisque les athlètes ayant un trait de confiance sportive élevé sont meilleurs à l'imagerie visuelle et kinesthésique que ceux ayant un bas trait de confiance.

Enfin, même si les recherches antérieures ont porté sur l'état de confiance, les auteurs de cette recherche croient justifié de diriger leur intérêt vers le trait de confiance sportive.

Méthodologie

Les 111 athlètes universitaires NCAA division 1, en athlétisme, furent évalués par le trait sport confidence inventory ( TSCI) de Vealy, 1986, et divisés en deux groupes haut et bas trait de confiance en sport. Ils furent par la suite mesurés par le sport imagery questionnaire (SIQ) de Hall, 1998 sur les catégories MGM, MGA, MGS, CG, CS ainsi que par le movement imagery questionnaire-revised (MIQ-R) de Hall et Martin, 1997 sur la capacité visuelle ou kinesthésique.

Résultats

Lorsque les athlètes ayant un trait de confiance sportive élevé sont comparés à ceux ayant un bas niveau de trait , ils : 1- utilisent davantage toutes les sortes d'imagerie 2- ont des moyennes d'utilisation des habiletés visuelles ou kinesthésiques plus élevées 3- montrent une différence significative sur la fréquence d'utilisation de l'imagerie Par contre, 1- les 2 groupes utilisent davantage l'imagerie MGM et MGA et moins le MGS 2- Il n'y a pas de différences significatives entre les 2 groupes sur les habiletés visuelles ou kinesthésiques Discussion Les résultats vont dans le sens des études précédentes de Moritz et coll., (1996) mais ajoutent que les athlètes ayant un haut niveau de trait de confiance sportive utilisent davantage l'imagerie de motivation spécifique (MS), l'imagerie cognitive générale (CG), et cognitive spécifique (CS). De plus il semble que l'imagerie de motivation générale de maîtrise (MGM) est la meilleure pour augmenter la confiance.

Conclusions

Le lien entre le contenu de l'imagerie et la confiance est assez bien établi mais il reste encore à vérifier leur imagerie et leurs objectifs à partir de la perception des athlètes eux-mêmes. Il faudrait de plus, vérifier la dimension du sport individuel versus collectif.

L'imagerie visuelle facilite l'apprentissage d'un nouveau kata chez des Karatékas expérimentés

Les effets de différentes méthodes d'imagerie sur la performance motrice sont équivoques. Entre imagerie visuelle externe (s'imaginer réaliser le mouvement du point de vue d'un observateur extérieur), imagerie visuelle interne (s'imaginer réaliser le mouvement du point de vue de l'exécutant) et imagerie kinesthésique (s'imaginer ressentir les sensations éprouvées lors de l'exécution du mouvement), les résultats sont contradictoires.

Ceci pourrait être dû à la confusion entre imagerie visuelle interne et imagerie kinesthésique, mais également au fait que certaines méthodes conviendraient mieux à certaines spécialités sportives selon qu'elles appartiennent aux habiletés ouvertes (soumises aux incertitudes d'un environ-nement instable) ou aux habiletés fermées (réalisées dans un environnement stable), et/ou concernernent un niveau de pratique particulier.

Méthode

  • Population : 25 karatékas (17 hommes et 8 femmes; âge moyen 25 ans) expérimentés (entre le 4e Kyu et le 1er Dan) sans connaissance du Kata proposé.
  • Tâche : apprentissage du Kata "Jion" (52 éléments).
  • Conditions d'entraînement : avec imagerie visuelle externe, avec imagerie visuelle interne, sans imagerie (condition contrôle : avec stretching).
  • Procédure :
    1. 6 séances d'apprentissage initial de 1 heure pendant 2 semaines (concernant la présentation de la technique du Kata et des techniques de représentation),
    2. 8 séances d'entraînement de 1 heure pendant 3 semaines dans une des conditions d'entraînement pour chacun des 3 groupes,
    3. un test de rétention après 2 semaines d'arrêt d'entraînement au Kata.
  • Paramètre mesuré : la qualité technique des mouvements est évaluée par 5 juges selon la grille de notation officielle.

Résultats (voir Figure 1)

Il n'y a pas de différence entre les groupes au test 1 après l'apprentissage initial. Au test 2, après 8 séances d'entraînement particulier à chacun des groupes, le groupe imagerie visuelle externe (Im Vis Ext) réalise un meil-leur score que le groupe imagerie visuelle interne (Im Vis Int), qui lui-même fait mieux que le groupe contrôle (streching). La même hiérarchie se retrouve au test de rétention, 2 semaines plus tard.

Conclusions

L'imagerie visuelle externe est supérieure à l'imagerie visuelle interne pour l'apprentissage d'un nouveau Kata pour des karatékas ayant une expérience. Cette imagerie externe, permettant d'avoir une représentation générale du mouvement à produire, serait plus utile en début d'apprentissage d'un mouvement nouveau, même chez des sportifs déjà expérimentés. Ceci ne contredit pas le fait que, plus avant dans l'apprentissage, une imagerie interne, donnant une représentation de soi-même face à un adversaire imaginaire, pourrait être plus efficace.

Thème(s)

Préparation à la performance

Source Primaire

L. HARDY et N. CALLOW Journal of Sport & Exercice Psychology 21, 95-112,1999

Rédacteur

Yves KERLIRZIN Laboratoire Mouvement, Action et Performanc, Département des Sciences du Sport, INSEP

Événements à venir